Adjugé ! Meissen, Strasbourg et Chantilly à l’honneur

Petit magot de Chantilly (détail), vers 1735- 1745. Porcelaine tendre polychrome, H. 23,5 cm. Vente Saint-Ouen, Oxio, 4 octobre 2025. Photo service de presse
Le mois d’octobre s’est terminé en beauté avec la fin de la dispersion d’une célèbre collection de porcelaines de Meissen, la découverte d’une faïence strasbourgeoise cynégétique perdue et celle d’un joli magot de Chantilly.
Beau score pour un petit magot de Chantilly
Sa rareté tient au fait qu’il s’agit du seul sujet répertorié à ce jour en porcelaine de Chantilly qui tienne un vase. Ces représentations de Chinois sont connues dans les inventaires du XVIIIᵉ siècle, sous les dénominations de « pagodes » ou de « magots ». La manufacture de Chantilly a imité les décors kakiemon à motifs rouge orangé de 1735 jusqu’aux années 1750, répondant ainsi au goût exotique de l’époque. Le personnage souriant est assis et vêtu d’une tunique à fond vert sur une robe à fond blanc laiteux orné de tiges fleuries et de papillons, comme le vase lui-même.

Chantilly, vers 1735- 1745. Porcelaine tendre polychrome, H. 23,5 cm. Vente Saint-Ouen, Oxio, 4 octobre 2025. Expert : Cyrille Froissart. Estimé : 20 000/30 000 €. Adjugé : 88 872 € (frais inclus). Photo service de presse
Le paysan buvant à Meissen
Cette statuette fut modelée en ronde-bosse par J.-J. Kändler lui-même, selon son procédé de moulages en plâtre des différentes parties qui la composent, puis de moulages en argile réalisés par le repareur qui efface les traces de joints et affine les détails de la sculpture. Une première cuisson, dans une capsule d’argile pour protéger la statuette de la chaleur, précède la pose de la glaçure et le séchage avant une cuisson à plus haute température. Également en porcelaine de Meissen, le Paysan dansant avec une chope, de la même époque, a été adjugé 10 240 € (frais inclus), dans sa fourchette d’estimation, tandis que l’Enchanteresse au tambour de cérémonie Sàmi, vers 1750, a doublé à 12 160 € (frais inclus) son estimation basse.

Meissen, vers 1740. Porcelaine polychrome et or, H. 20,5 cm (restauration mineure). Vente Paris, Bonhams Cornette de Saint Cyr, 29 octobre 2025. Estimé : 40 000/60 000 € Adjugé : 51 200 € (frais inclus). Photo service de presse
Spectaculaire hure de sanglier de Strasbourg
Les terrines ou soupières en forme de têtes de sanglier sont apparues en Europe au milieu du XVIIIᵉ siècle pour remplacer les pièces de gibier qui ornaient fastueusement les banquets de la Renaissance. Le « service à la française » évolua en préférant des plats plus petits tout en conservant la mode des plats en trompe l’œil pour leurs qualités spectaculaires, dont les premiers exemples en porcelaine dure apparaissent à Meissen vers 1727. Le goût pour les grandes terrines zoomorphes quittera Meissen en 1746 avec Adam Friedrich von Löwenfinck (1714-1754) qui s’installera à Höchst avant de rejoindre Strasbourg en 1749, apportant aux Hannong son savoir-faire dans les décors à petit feu des terrines zoomorphiques. Il est très probable que le modèle présenté soit celui, perdu en 1942, du service commandé par le Margrave Ludwig George Simpert de Baden-Baden, et identique à celui du célèbre service de chasse commandé aux Hannong en 1751 par l’Électeur de Cologne.

Strasbourg, vers 1750. Faïence polychrome, 28,8Lx 38,5 x 40 cm. Vente Paris, Bonhams Cornette de Saint Cyr, 30-31 octobre 2025. Estimé : 50 000/70 000 €. Adjugé : 95 650 € (frais inclus). Photo service de presse





