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Sic transit Storia Mundi : « Le curieux bol à pied de Nagada »

Bol provenant de Nagada, Égypte prédynastique. New York, Metropolitan Museum of Art

Bol provenant de Nagada, Égypte prédynastique. New York, Metropolitan Museum of Art © DR

Il y a peu – dans une de ces chroniques où un humour discret le dispute à l’érudition la plus solide – nous vous présentions la drôle de petite amphore bipède du Brooklyn Museum, laquelle serait datée des environs de l’an mil avant notre ère. Le beau bol brun, bancal mais bon…, que vous regardez à présent date, lui, du début (ou du mitan) du IVᵉ millénaire avant notre ère, très chrétienne.

Pour ceux que les conversions intéressent, il faut ajouter un gros demi-millénaire (622 ans exactement) pour rapporter cette date à l’Hégire, déduire en revanche un petit millénaire si votre comput se rapporte à AUC (753 années pour être précis, et pour icelles et iceux qui ne pratiquent pas la langue de Caligula, l’acronyme AUC signifiant ab Urbe Condita, soit « depuis la fondation de la Ville », qui est, avec une majuscule, Rome évidemment) ou enfin ajouter 2000 ans, ou peu s’en faut, si vous vous référez à l’ère Reiwa (celle de la belle harmonie, qui suit l’ère Heisei, débutant au Japon le 1er mai 2019, ce qui est ridicule entre nous soit dit : tout le monde sait que l’on ne commence rien le jour de la fête du Travail).

Un culte bancal

Quoi qu’il en soit des subtiles différences de nos systèmes de datations, ce bol provient de Nagada, un site de Haute-Égypte, qui a donné son nom à une culture de l’Égypte prédynastique. Et à un bol. Qui peut le plus, peu le moins. Avec ses 10 cm de haut et ses 13 cm de diamètre, cette poterie présente une inclinaison marquée qui n’a pas manqué de titiller la sagacité archéologique de ses acquéreurs. La paire de petons qui la soutient itou. Le lecteur sera surpris d’apprendre que les experts subodorent à la chose une finalité cultuelle. Cet objet a été acquis en 1911 par le célèbre Metropolitan Museum of Art de New York qui le conserve encore aujourd’hui.

En partenariat avec Storia Mundi (storiamundi.com)