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Les Beaux-Arts de Paris exposent la Renaissance à Fontainebleau

Rosso Fiorentino (1494-1540), Pandore libérant les fléaux de sa boîte (détail). Plume, encre brune et lavis brun, 24,2 x 39,3 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris.

Rosso Fiorentino (1494-1540), Pandore libérant les fléaux de sa boîte (détail). Plume, encre brune et lavis brun, 24,2 x 39,3 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris. Photo service de presse. Beaux-Arts de Paris

Le cabinet d’arts graphiques des Beaux-Arts de Paris présente une cinquantaine de dessins et d’estampes, tirés de ses exceptionnelles collections constituées autour de l’école de Fontainebleau. Ces feuilles témoignent des multiples expérimentations formelles qui renouvelèrent l’art français dans la première moitié du XVIsiècle.

Moment essentiel dans l’éclosion de l’art de la Renaissance en France, le chantier de Fontainebleau donna lieu à l’invention de décors audacieux, mêlant peintures et stucs, et à un foisonnant répertoire de formes et d’ornements, amplement diffusés par la gravure. Les dessins exposés aux Beaux-Arts de Paris mettent en lumière la genèse de ces grands décors peints et sculptés.

Nicolò dell’Abate (vers 1509 – vers 1571), Le Parnasse. Plume, encre brune, lavis brun et rehauts de blanc 26,3 x 26,2 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris.

Nicolò dell’Abate (vers 1509 – vers 1571), Le Parnasse. Plume, encre brune, lavis brun et rehauts de blanc 26,3 x 26,2 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris. Photo service de presse. © Beaux-Arts de Paris

La période française de Rosso Fiorentino

Parmi les pièces majeures figure une des rares feuilles attribuées à la période française de Rosso Fiorentino, placé à la tête du chantier en 1533. Sa Pandore libérant les fléaux de sa boîte pourrait correspondre à un projet abandonné pour la galerie François Ier. Elle est animée d’une ardeur comparable à d’autres compositions du même décor, comme L’Ignorance chassée. Une autre œuvre (récemment reconstituée à partir de deux fragments) présente une étude préparatoire à la fresque du Sacrifice, vraisemblablement due à l’un des assistants du maître florentin.

Anonyme, d’après Rosso Fiorentino (1494-1540), Le sacrifice (première version). Plume, encre brune, lavis brun, crayon noir et rehauts de blancs (en partie sulfurés) sur papier beige, 29,3 x 41,9 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris.

Anonyme, d’après Rosso Fiorentino (1494-1540), Le sacrifice (première version). Plume, encre brune, lavis brun, crayon noir et rehauts de blancs (en partie sulfurés) sur papier beige, 29,3 x 41,9 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris. Photo service de presse. © Beaux-Arts de Paris

Les feuilles attribuées à Primatice

Bien plus nombreuses sont les feuilles attribuées à Primatice qui prit la direction du chantier à la mort de Rosso en 1540. De superbes sanguines montrent toute sa virtuosité technique, en particulier dans de somptueuses études de draperies pour des personnages du Banquet d’Alexandre. Ses dessins à la plume, comme les allégories des saisons de la galerie d’Ulysse, expriment également son art raffiné et complexe. Les réalisations d’autres artistes qui œuvrèrent à Fontainebleau, notamment Nicolò Dell’Abate, témoignent de la diffusion de la maniera en France.

Francesco Primaticcio, dit Primatice (1503-1570), Étude de draperies et de pieds. Sanguine et rehauts de blanc (blanc de plomb ?) sur papier beige, fils de chaînette horizontaux, 21,2 x 25,2 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris.

Francesco Primaticcio, dit Primatice (1503-1570), Étude de draperies et de pieds. Sanguine et rehauts de blanc (blanc de plomb ?) sur papier beige, fils de chaînette horizontaux, 21,2 x 25,2 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris. Photo service de presse. © Beaux-Arts de Paris

Le rôle de la gravure

Les graveurs jouèrent également un rôle majeur dans ce processus. Un grand atelier se mit en place de 1542 à 1547 afin de diffuser le nouveau style bellifontain grâce au procédé de l’eau-forte, employé pour la première fois en France. Les estampes d’Antonio Fantuzzi et de Léon Davent firent largement connaître les inventions de Primatice. La Façade d’une grotte rustique de l’artiste bolonais, foisonnante de détails, reprend le modèle de la grotte du jardin des Pins conçue par Primatice. D’autres feuilles, comme les spectaculaires eaux-fortes attribuées à Juste de Juste, semblent constituer des compositions autonomes, marquées par le goût maniériste pour les formes surprenantes et énigmatiques à l’œuvre à Fontainebleau.

Antonio Fantuzzi (actif à Fontainebleau entre 1537 et 1550), Façade d’une grotte rustique. Eau-forte ; contrecollé aux coins, 29,3 x 42,1 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris.

Antonio Fantuzzi (actif à Fontainebleau entre 1537 et 1550), Façade d’une grotte rustique. Eau-forte ; contrecollé aux coins, 29,3 x 42,1 cm. Paris, Beaux-Arts de Paris. Photo service de presse. © Beaux-Arts de Paris

« Rosso et Primatice. Renaissance à Fontainebleau », jusqu’au 1er février 2026, Beaux-Arts de Paris, 14 rue Bonaparte, 75006 Paris. www.beauxartsparis.fr

Catalogue, Beaux-Arts de Paris, 192 p., 22 €.