Xavier Niel acquiert le pavillon de Musique de Madame du Barry
Le pavillon de Musique de Madame du Barry à Louveciennes. © Denniel Immobilier
Selon une information du média américain Bloomberg, le milliardaire Xavier Niel, déjà propriétaire du prestigieux hôtel Lambert, sur l’île Saint-Louis, vient d’acquérir à Louveciennes pour 38,7 millions d’euros le pavillon de Musique de Madame du Barry, édifié par Claude-Nicolas Ledoux.
1 355 m2, 6 hectares de parc dominant la Seine, une vue incomparable et un pan d’histoire : c’est tout cela que le milliardaire Xavier Niel a acquis en devenant propriétaire du pavillon de Musique. Louis XV, qui résidait à Versailles, à une petite dizaine de kilomètres de là, venait y rejoindre sa favorite.
Les bronzes d'ornement au rez-de-chaussée du pavillon de Musique. © Denniel Immobilier
Une création de Claude-Nicolas Ledoux
L’architecte Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806) n’est pas seulement l’auteur de la merveilleuse saline royale d’Arc-et-Senans. Si nombre des projets de cet utopiste sont restés dans ses cartons et si beaucoup d’autres ont disparu, quelques monuments heureusement préservés permettent d’apprécier la singularité de son œuvre. Le pavillon de Musique, construit entre 1770 et 1772 et inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, est de ceux-là. Bâti avant la saline, mais juste après le château de Bénouville, en Normandie, il fait partie des créations de l’architecte inspirées du palladianisme.
L'une des salles du rez-de chaussée du pavillon de Musique. © Denniel Immobilier
Un très riche décor
Au rez-de-chaussée, Ledoux conçut cinq salons en enfilade, que la comtesse fit décorer par les meilleurs artistes de son temps. Bronzes de Pierre Gouthière, peintures de François Boucher et Jean-Honoré Fragonard, bustes du roi et de sa maîtresse par Jean-Jacques Caffieri et Jean-Baptiste Lemoyne, hauts pilastres en marbre, sol en mosaïque de pierre dure : rien n’était trop beau pour l’écrin des rencontres entre Louis XV et Jeanne du Barry. Le roi était présent le 2 septembre 1771 pour l’inauguration du pavillon, comme en témoigne un dessin de Jean-Michel Moreau le Jeune.
Les décors peints au rez-de-chaussée du pavillon de Musique. © Denniel Immobilier
Le pavillon de Musique d’hier à aujourd’hui
Après l’arrestation et l’exécution de Jeanne du Barry en 1793, le pavillon a connu de nombreux propriétaires et bien des péripéties. Parmi elles, la construction d’un étage mansardé au début du XXe siècle, un choix non seulement inesthétique, mais aussi inapproprié, son poids ayant fragilisé le bâtiment.
Le propriétaire suivant fit un choix radical : il décida de faire reconstruire le pavillon à l’identique à une quinzaine de mètres de son emplacement d’origine, avec une structure renforcée en acier et béton. L’étage mansardé a alors été remplacé par un attique correspondant bien mieux au style néoclassique de l’ensemble.
L'une des salles du rez-de chaussée du pavillon de Musique. © Denniel Immobilier
Dans les années 2000, le pavillon a bénéficié d’une importante restauration. Les projets de Xavier Niel pour sa nouvelle acquisition ne sont pas encore connus.





