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Projet collectif de recherche transfrontalier ATEA : vivre dans les Pyrénées

Vue des thermes de Zaldua lors des fouilles de 2025.

Vue des thermes de Zaldua lors des fouilles de 2025. © I. Egia

En 2025, a été lancé, sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques et de la Communauté forale de Navarre, le Projet collectif de recherche transfrontalier ATEA. Ce nom, signifiant « porte » en basque, définit clairement son approche et ses objectifs : la montagne y est envisagée comme un espace de communication entre différents vallons, reliés par l’axe de la voie romaine traversant les deux versants. En voici les premiers apports.

L’initiative est codirigée par nos soins et regroupe une équipe pluridisciplinaire d’une douzaine de chercheurs issus de diverses universités, opérateurs en archéologie préventive et associations.

Occupation du territoire, réseaux de communication, modes d’exploitation

Le projet est financé par le Service régional de l’archéologie, avec la collaboration du gouvernement de Navarre, de l’Eurorégion NAEN (Nouvelle-Aquitaine – Euskadi – Navarre) et de plusieurs communes partenaires. Au-delà des fouilles, le projet intègre des prospections géophysiques, des études géo-archéologiques et de mobilier, ainsi que diverses analyses destinées à mieux comprendre la structuration et l’histoire de ce secteur des Pyrénées occidentales, et à actualiser les connaissances sur les formes d’occupation du territoire, les réseaux de communication et les modes d’exploitation des milieux durant l’Antiquité. Parallèlement, une attention particulière est accordée à la médiation et à la valorisation des résultats obtenus. Cet aspect occupe une place importante au sein du projet grâce à l’initiative PIRENAEUS de l’Eurorégion et à l’implication de nombreuses communes partenaires.

Établissements fortifiés et installations métallurgiques

Les sites recensés se répartissent en trois grandes catégories. La première rassemble les établissements fortifiés de hauteur, apportant un éclairage précieux sur la transition opérée entre la fin du Ier siècle avant notre ère et le début du Ier siècle de notre ère, ainsi que sur la fin de l’Antiquité. La deuxième catégorie concerne les mines et installations métallurgiques, ressources essentielles de ce territoire. Leur étude révèle des liens étroits entre exploitation des matériaux et changements paléo-environnementaux. La troisième regroupe les infrastructures liées à la voie romaine – bornes milliaires, postes de contrôle, stations routières ou petites agglomérations.

Découverte d’un complexe urbain structuré

Certains sites étudiés depuis longtemps, tels que celui de Saint-Jean-le-Vieux, ont été réévalués grâce à de nouvelles méthodes d’analyse. D’autres découvertes récentes, comme les bornes milliaires de Mugarriluze ou les thermes d’Artzi, viennent compléter ce tableau. Enfin, la découverte la plus marquante reste celle de ­l’agglomération de Zaldua, qui a révélé un complexe urbain structuré d’environ 4,5 ha comprenant des thermes, un réseau d’égouts et probablement un forum. Sa nécropole, fouillée dans les années 1980-1990, avait déjà été mise au jour, mais le noyau urbain principal n’avait alors pas encore été identifié.