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Exposition à Lausanne : l’archéologie, entre passé et avenir 

Vue de l'exposition.

Vue de l'exposition. © NVP / MCAH

Deux siècles de découvertes archéologiques s’exposent au palais de Rumine à Lausanne. Organisée par le MCAH, musée cantonal ­d’Archéologie et d’Histoire, et le Naturéum, musée cantonal des Sciences naturelles, cette présentation immersive retrace l’histoire de la discipline tout en apportant un point de vue critique sur les méthodes du XIXᵉ siècle et en s’interrogeant sur les futures perspectives de la recherche scientifique.

Conçu comme « une machine à voyager dans le temps », le parcours, qui s’articule autour de grandes dates-clés, débute en 1798, au moment de la campagne d’Égypte. Il montre à quel point les découvertes réalisées par Vivant Denon et les autres membres de l’expédition menée par le général Bonaparte renouvellent l’intérêt porté à l’Antiquité.

Une passion pour les vestiges

Parmi les 1 500 pièces de l’exposition, une magnifique amphore athénienne à figures noires, mais aussi plusieurs momies provenant des collections du MCAH (qui n’avaient pas été montrées au public depuis des décennies), témoignent de la diversité des vestiges collectionnés avec passion et fascination au XIXᵉ siècle. Il est vrai que les musées rivalisent alors pour acquérir les œuvres les plus spectaculaires, provenant d’Égypte, de Grèce ou d’Italie.

Les débuts de l’archéologie en Suisse

Une sélection d’objets romains identifiés dans le canton de Vaud permet d’évoquer les débuts de l’archéologie en Suisse. Elle dialogue avec une création de l’artiste Christian Gonzenbach qui questionne les méthodes de restauration du XIXᵉ siècle. Les sections suivantes expliquent comment les découvertes de vestiges préhistoriques (fossiles, artefacts en silex…) ont ouvert le champ des recherches.

Vue de l'exposition.

Vue de l'exposition. © NVP / MCAH

La mise au jour de sites palafittiques

Favorisée par la baisse du niveau des lacs durant l’hiver 1854, la mise au jour de sites palafittiques, comme celui de Grandson-Corcelettes (sur la rive nord du lac de Neuchâtel), l’un des plus grands villages lacustres de la fin du Bronze final (1123-878 avant notre ère), a livré des dizaines de milliers d’objets. Les investigations suisses s’appuyent pour la première fois sur les apports de la géologie, de la botanique et de la zoologie afin de reconstituer ce mode de vie protohistorique, ce qui donne lieu à une tentative novatrice d’approche pluridisciplinaire.

Les monuments médiévaux enfin considérés

La vogue du romantisme et du néo-gothique entraîne également une prise de conscience de l’intérêt des monuments médiévaux, comme le château de Chillon et la cathédrale de Lausanne, qui deviennent de véritables symboles d’une identité régionale et nationale. Entreprise par Viollet-le-Duc, la restauration de la cathédrale s’accompagne progressivement d’analyses du bâti, puis du sous-sol.

Les dernières avancées

À partir des vestiges (dont un anneau épiscopal du XIIIᵉ siècle) exhumés lors des fouilles menées en 1911 sous la direction d’Albert Naef, l’exposition interroge la construction d’un imaginaire collectif autour du passé. Les ultimes salles soulignent le profond renouvellement de la discipline au cours des dernières décennies grâce à de nombreuses avancées dans les domaines de la génétique ou de la conservation-­restauration. 

« Destination Archéologie. 1798 – Futur », jusqu’au 7 février 2027 au palais de Rumine, place de la Riponne 6, 1005 Lausanne (Suisse). Tél.+ 41 21 316 33 10. www.palaisderumine.ch ou www.mcah.ch